Effet de l’ocytocine et syndrome de Prader willi

molécule d'ocytocine

Image de la molécule d’ocytocine

L’échelle Alarme Détresse Bébé est utilisable en clinique pour détecter les bébés en souffrance psychique. Elle est aussi un bon outil de recherche afin de rendre compte de l’effet de certains types de prise en charge ou facteurs sur le développement et l’évolution de bébés présentant des difficultés organiques et/ou relationnelles.

En effet, la réaction de retrait relationnel est un indice clinique majeur car d’une grande pertinence clinique, puisque c’est un signal provenant du bébé et permettant de comprendre son expérience.

L’Échelle ADBB s’avère particulièrement utile pour des évaluations pre-post intervention et suivre l’impact de celles-ci sur l’enfant lui-même et l’expérience qu’il en fait.

Un exemple récent est une étude récemment publiée dans Paediatric (lien) sur l’effet de l’administration d’ocytocine par voies intra nasales pendant 7 jours sur le comportement d’alimentation, le comportement social et les interactions parent/bébé chez des bébés porteurs du syndrome de Prader-Willi.

Le syndrome de prader Willi (SPW) est une maladie génétique rare, qui se caractérise par une hypotonie majeure pendant la période néonatale et les deux premières années de vie, des troubles de l’alimentation (déglutition/succion) et particulièrement une hyperphagie avec risque d’obésité morbide, des difficultés d’apprentissage et des troubles du comportement, surtout des troubles de l’interaction.

L’idée de la recherche était de démontrer que, grâce à une administration d’ocytocine, il était possible d’améliorer les effets du syndrome de Prader Willi sur le comportement du bébé.

En effet, la recherche sur les animaux a démontré une efficacité que l’ocytocine chez différentes espèces (rat, primate, brédis) sur le comportement de succion chez les petits. On sait aussi que l’ocytocine est une neurohormone particulièrement impliquée dans toutes les interactions sociales chez les mammifères (humains compris), notamment le lien mère/bébé et les interactions sociales (lien).

L’ADBB a donc été utilisée pour évaluer le comportement de retrait relationnel chez 18 bébés âgés de 6 mois, porteurs du syndrome de Prader WIlli avant et après administration d’ocytocine quotidienne sur une durée de 7 jours (recherche complète ici).

Les résultats ont été les suivants :

  • Aucun effet nocif ou effet dose n’a pu être mis en évidence.
  • Les bébés ont, en moyenne, montré une amélioration de leur comportement d’alimentation, de leur comportement social et des interactions parentes/enfant. Cela a pu être objectivé par une baisse du score moyen de retrait relationnel mesuré à l’aide de l’ADBB qui est passé de 6,5 avant administration d’ocytocine à 3,5 après administration.

Cela signifie qu’avant l’administration d’ocytocine, 62 % des bébés recevaient un score supérieur à la note seuil de 5 (score clinique). Après administration d’ocytocine pendant une semaine, 81 % des bébés recevaient un score inférieur à 5 (donc sous le seuil clinique) et ne présentaient donc pas de retrait relationnel. La diminution ou l’absence de retrait relationnel permettait une amélioration des interactions parent-enfant.

Les items de l’échelle qui ont montré une amélioration significative étaient : expression du visage, contact visuel, ainsi qu’activité générale et relation.

Cette étude, très prometteuse pour la prise en charge des bébés porteurs du syndrome de Prader Willi, montre l’utilitée en recherche d’une échelle comme l’ADBB qui peut facilement être réutilisé en test-retest et la pertinence du concept de retrait relationnel comme un signal de détresse venant du bébé et devant être repéré et compris.

 

 

 

 

 

 

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